FLASH GORDON,

 "En français dans le texte"

Alex Raymond Les albums  Les découpes sauvages Les traits d'Alex Raymond Bibliographie

Le redécoupage des cases et planches selon Dargaud (collection 16/22)


(...) "On ne peut juger du style de Raymond dans "Flash Gordon" que d'une façon imparfaite par les planches françaises de "Robinson"
(cf publication originale française dans le journal Robinson, circa 1930, ndlr); la couleur est bonne, mais aucune mise en page n'est respectée, les additions sur les côtés des images sont partout. Quant aux albums à l'italiens (sic) récents, intégralement redessinés jusqu'au n°8. Par la suite, l'impression est bonne, mais aucune mise en page n'est respectée. Les images ont des additions. Surtout les couleurs, hideuses, sont totalement fausses : un rose est devenu un bleu, un bleu est devenu jaune, un gris est devenu rouge tomate, etc."

Pierrre Couperie in "Le Peuple de la mer" (slatkine 1980)



Cette édition passe pour être la moins bonne de toutes. Il ne faut pas deux secondes pour s'en rendre compte.
En effet, le petit format 16/22 a necessité un reformatage complet des bandes qui étaient, faut-il le rappeler, publiées sous forme de deux bandes parallèles dans les journaux de l'époque et en noir et blanc, ou bien en couleur pleine page le Dimanche. (1)

Ci-dessous : La belle édition à l'italienne couleur du "Peuple de la mer" (© Ed. Slatkine)
(planche un peu rognée par mon scanner, sorry.)
scène de repas case 1scene de repas case 2

Ci-dessous, 2eme maquette : la page 17 correspondante du 16/22 (© Dargaud). (Là encore un peu rognée.)
la même scene redécoupée et remaniée

nb : Non seulement, les cases sont coupées, (nécessité du passage du format à l'italienne au format classique. Cf le corps du serveur), mais un tâcheron s'est permis de dessiner des élements inexistants afin de combler le vide! (la table, des pans de mur...etc)

Quant aux couleurs, elles ont souvent flashy chez Dargaud, alors qu'un travail nettement plus élégant avait été fait chez Slatkine.
(reproduction telles quelles des pages du Dimanche ?). Bref, du grand n'importe quoi, qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui.



(1) (...) Aux USA dés 1870, certains quotidiens paraissent le Dimanche. (...) Hearst (Randolph, grand patron de presse ndlr) est le premier à publier 8 pages grand format en couleur ! Puis il fait créer les premières bandes dessinées. (...) La concurence, la certitude de ne pouvoir résister qu'en donnant le maximum entrainèrent ce paradoxe :  La planche dessinée en couleurs, en pleine page extrèmement onéreuse a précédé de 10 ans le modeste strip quotidien en noir et blanc." (in : Bande dessinée et figuration narrative, 1967, Serg/Musée des arts décoratifs de Paris).

page couleur du comic weekly 1939
ci-dessus : une page du Dimanche de 1939, avec le strip de Jungle Jim en prime
© King Features press


En conclusion, cette édition reste la seule à avoir autant saccagée le travail de l'artiste (quoique l'édition cartonnée du même éditeur est pas mal dans le genre aussi). Mais cela n'est pas propre à Alex Raymond, et a été fait aussi sur de nombreuses autres histoires de cette époque. (Tarzan, Terry et les Pirates, ... en fait pratiquement toutes les bandes publiées sous format "franco-belge" à un moment donné alors que les originaux étaient tirés de bandes horizontales publiées  dans des journaux (c. a d. les années 30-40.)  Aujourd'hui heureusement, et grâce à des éditeurs comme Futuropolis ou Serg et Slatkine, on connait des habitudes autres. (cf le superbe travail réalisé par les américains sur Peanuts et repris tel quel par Dargaud, ou bien Jimmy Corrigan chez Delcourt, ou encore Quimby the mouse chez L'Association, pour n'en citer que trois).









Un Site "Hectorvadair" 2008